Bien souvent, quand je dis que je suis éditrice freelance, on me pose la même question : « Tu as créé ta maison d’édition ? » La confusion entre un éditeur freelance et un éditeur indépendant est compréhensible, puisque ces deux profils existent sous le même nom, tout en ayant des fonctions différentes.

  • Un éditeur indépendant (ou éditeur, pour limiter la confusion) crée sa maison d’édition, et doit gérer en plus les aspects administratifs (contrats, distribution, communication, etc).
  • Un éditeur freelance travaille en externe pour une maison d’édition. Son intervention est limitée au travail éditorial sur le manuscrit : amélioration, correction, mise en forme…

Mon cas est le second. J’interviens à des étapes très variées du processus éditorial, depuis la rédaction de contenu jusqu’à la correction d’épreuves. Cette rubrique « Focus » a pour but de vous présenter plus en détail ces différentes missions. Je les ai réunies en 7 ensembles, qui suivent le cheminement chronologique du travail éditorial sur le texte, de son écriture à sa validation.

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Bien sûr, cette infographie ne détaille pas toutes les étapes du processus éditorial, qui est très vaste : elle se concentre sur les missions que j’effectue à titre personnel. Un texte ne passe pas non plus forcément par toutes ces étapes (certaines comme « Veille éditoriale » et « Révision de texte » sont plus spécifiques par exemple).

Pour le premier article de cette rubrique, je ne vais pas commencer par l’étape 1, mais par l’étape 6, qui est la plus représentative du travail « type » demandé à un éditeur freelance.

En avant donc pour un focus sur la préparation de copie !

La préparation de copie : quand ?

La préparation de copie intervient soit :

  • Dans le cas d’un manuscrit français : après la remise du manuscrit corrigé par l’auteur suite à un travail de remaniement avec l’éditeur
  • Dans le cas d’un manuscrit étranger : après la remise du manuscrit par le traducteur

À ce stade, le manuscrit est encore « brut ». C’est-à-dire qu’il n’a pas encore été mis en page par le maquettiste : le travail va se faire sur format A4 et interligne 1,5, le format le plus couramment utilisé. Le manuscrit n’a pas non plus subi de correction avancée (coquilles et fautes de syntaxe), puisque jusque-là, c’est sa qualité littéraire qui a surtout été travaillée.

 

La préparation de copie : en quoi ça consiste ?

Le travail du préparateur de copie consiste à corriger le manuscrit de façon à le rendre présentable pour la suite du processus éditorial. C’est-à-dire :

  • Relire attentivement pour traquer les coquilles, les fautes de grammaire, de syntaxe
  • Veiller à la cohérence du récit. Par exemple, l’apparence physique des personnages (vérifier que le héros ne change pas de couleurs d’yeux d’un chapitre à l’autre), l’enchaînement des scènes (est-ce que tel personnage, qui a laissé son sac à l’entrée, ne l’a pas avec lui deux répliques plus tard), la cohérence des dates…
  • Contrôler la qualité littéraire : vérifier que le style est harmonieux sur l’ensemble du texte, que les dialogues « sonnent » bien, que les titres des chapitres sont pertinents, etc. Dans le cas contraire, l’éditeur peut réécrire certains passages, suggérer des coupes s’il y a des longueurs, remanier des dialogues pour les rendre plus naturels.

Il faut en revanche distinguer la préparation de copie de deux autres interventions :

  • La correction. Le préparateur de copie s’assure autant que possible de ne laisser aucune faute, mais son travail porte avant tout sur la qualité du texte. C’est le correcteur qui se charge avant tout de traquer les coquilles, les fautes et de s’assurer de la bonne mise en page du livre.
  • La réécriture. Le préparateur de copie peut réécrire certains passages du texte, mais son travail reste ciblé. La réécriture implique une intervention beaucoup plus poussée sur le texte (j’en parlerai plus en détail dans le « Focus » dédié).

Les pré-requis

La préparation de copie est le travail « type » de l’éditeur : il faut avoir une très bonne maîtrise syntaxique et littéraire, car il s’agit aussi bien de veiller à l’orthographe et à la grammaire que de se couler dans le texte pour savoir quand et comment intervenir.

Il faut aussi connaître le code typographique, et tout particulièrement les signes de correction. En effet, pour une plus grande clarté, l’usage en édition est d’utiliser des annotations précises pour supprimer du texte, le déplacer, le mettre à la ligne, le réécrire, etc. Le code typographique est enseigné en Master d’édition ou dans les écoles de correcteurs, mais c’est surtout pendant les stages en édition qu’on apprend à l’utiliser.

Les outils

En freelance, le préparateur de copie n’a pas le « clap final » sur les corrections : quand il rend son travail, celui-ci est passé en revue par l’éditeur, puis, s’il est français, éventuellement par l’auteur qui s’assure ainsi que les corrections sont conformes à sa vision. Pour ces raisons, la plupart des corrections s’effectuent au crayon (sauf pour les fautes évidentes, qu’on peut corriger directement au stylo).

Pour ma part, je travaille toujours avec le Lexique des règles typographiques en usage à l’imprimerie nationale, qui est l’ouvrage de référence dans l’édition : je m’y réfère dès que j’ai un doute sur l’utilisation de tel ou tel mot (l’écriture des siècles, les abréviations, l’usage de l’italique…).

Enfin, un bon dictionnaire est indispensable. À noter que le Robert suit les nouvelles règles orthographiques, qui ne sont pas toujours appliquées par les maisons d’édition. À ce titre, le Larousse est éventuellement mieux indiqué.

Du côté des logiciels, ProLexis est un logiciel souvent recommandé pour baser au crible un texte. Pour ma part, j’utilise plutôt Antidote, qui comprend un correcteur avancé que je trouve très bien.

J’espère que cet article vous aura intéressés. Rendez-vous dans un prochain Focus pour découvrir une nouvelle mission 🙂 Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poster en commentaire et j’y répondrai de mon mieux !