La semaine dernière, du 30 novembre au 5 décembre, se déroulait le salon du Livre et de la Presse Jeunesse. C’est un événement que je ne manque sous aucun prétexte depuis huit ans. Je me suis donc fait un plaisir d’aller m’y promener trois jours… et de renflouer massivement ma Pile à Lire !

La différence depuis deux ans, c’est que je ne m’y rends plus seulement comme lectrice, mais que je travaille à présent dans l’édition : la date de Montreuil est assez symbolique, car j’ai débuté mon activité aux environs du salon de Montreuil 2014. Du coup, j’en ai profité pour aller saluer les éditeurs présents sur le salon avec qui je travaille : Nathalie sur le stand de Naos (l’occasion de discuter de la veille éditoriale, vu que j’ai plusieurs manuscrits intéressants dans le viseur, affaire à suivre ^^). Je suis aussi repartie avec plusieurs titres du catalogue Naos : Perismer de Franck Dive et Chimère Captive de Mathieu Rivero, qui s’en vont retrouver Le matin en avait décidé autrement de Salomé Vienne, en bonne place dans ma PAL !

 

Je suis aussi passée sur le superbe stand de PKJ (avec qui je vais pas mal travailler pour les mois à venir, mais je vous en parlerai à l’occasion d’un Focus 🙂 ). J’y ai retrouvé Vanessa qui travaille en externe pour PKJ, et qui avait très gentiment répondu à mes questions deux ans plus tôt à propos du freelance. Du coup, on a pas mal discuté édition et double casquette (puisqu’elle est traductrice en parallèle). J’ai aussi rencontré Marie qui est community manager chez PKJ. Nous sommes tombées sur la conclusion suivante : une PAL qui grandit est une PAL en bonne santé ! 🙂 J’ai également croisé Agnès Marot, une autre éditrice en freelance à qui j’avais posé pas mal de questions sur ce statut lorsque j’étais en Master 2. Bref, Montreuil c’est chouette, ça permet de croiser d’autres travailleurs indépendants en édition, chose plutôt rare en temps normal !

 

Le salon proposait aussi beaucoup de tables rondes et de conférences. J’ai été notamment assister à une table ronde qui m’a beaucoup intéressée et dont je vous propose un petit compte-rendu :

Dehors, dedans : les couvertures des romans ados ou la traversée du miroir

 

Avec Tibo Bérard, responsable de collection, (Exprim’, Sarbacane), Thomas Glorieux, libraire (Folies d’encre, Montreuil), Sarah Malherbe, directrice éditoriale (Fleurus) et Nicolas Vesin, directeur artistique fiction (Nathan Jeunesse), animé par Françoise Geoffroy-Bernard, consultante associée d’Axiales et Guillaume Teisseire, co-fondateur de Babelio.

 

Cette table ronde portait sur la conception des couvertures, élément capital pour le lecteur : il s’agit véritablement de la porte d’entrée de l’histoire, celle qui incite à retourner le livre pour lire le résumé et, peut-être, plonger dans la lecture. Les intervenants avaient des fonctions bien distinctes dans la chaîne du livre (directeur artistique, libraire, éditeur) ce qui permettait d’avoir plusieurs points de vue assez différents.

 

De façon générale, les codes étaient un thème récurrent : éditeurs et libraires étaient d’accord sur le fait qu’il est dangereux de vouloir s’en démarquer, car ils donnent un repère au lecteur. Mais cela n’empêche pas pour autant de jouer avec ces codes, de les rendre dynamiques et parlants. Le cas des Petites reines a ainsi été évoqué : la couverture est très catchy avec un côté féminin marqué (rose vif) mais ces touches rose vif sont en réalité des boudins, petit clin d’œil au ton humoristique du livre. D’autre part, la question des codes est assez vaste : les intervenants racontaient qu’ils trouvent aussi leur inspiration dans la musique et dans le cinéma, pour y chercher des ambiances, des références…

 
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Toujours en parlant des codes culturels, le cas du titre #scandale (Nathan) a été évoqué : voir le slide ci-dessous. La couverture américaine, à gauche, reprend les codes vestimentaires du bal de promo à l’américaine, qui n’a pas vraiment d’équivalent en français, d’où le choix de créer une nouvelle couverture mais dans le même esprit (photographie et couleurs vives).

 
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A aussi été abordée la question de la recherche des couvertures, dont celles d’U4, avant d’arriver aux résultats finaux : des couvertures très incarnées, avec des visages plein pot et un choix de tons qui s’insèrent bien en littérature jeunesse tout en suggérant le côté plus grave du thème post-apocalyptique.

 
u4
 

Autres réflexions que j’ai trouvées intéressantes :

  • Le sondage GFK distinguait les tranches d’âges -12 et +12 ans pour hiérarchiser le lectorat jeunesse. Mais cette distinction n’est pas réellement prise en compte, et par les libraires (qui fonctionnent plus au cas par cas), et par les éditeurs (qui partent avant tout du texte pour créer la couverture). Comme quoi, les petites cases… 😉
  • Tibo Bérard a parlé de l’évolution de la charte graphique de la collection Exprim’ : au départ, la charte était forte, marquée, mais au fil de l’évolution de la collection, a reculé pour laisser s’exprimer les univers d’auteurs : autre approche. Mais la recherche du côté pop, énergique, est toujours bien présente : il y a une volonté de se rapprocher des codes anglo-saxons, bien plus colorés et dynamiques que les couvertures traditionnelles en littérature adulte.

 

La table ronde étant assez dense, je ne peux pas tout retranscrire, mais j’espère néanmoins que cela vous aura intéressés !

Montreuil étant fini, je m’en retourne à mes textes… Rendez-vous bientôt pour un nouvel article « Focus » ! 🙂